Le 07 juin 2009 : la droite européenne annonçait sa victoire par KO sur les
peuples…
Au soir même des élections l’UMP pavoisait sur tous les plateaux télé en
criant à la victoire. Transformer ainsi le vote de 28% de 40% d’électeurs en un encouragement pour poursuivre sa politique, il n’y a que la droite, pourtant minoritaire dans cette élection, pour
oser le faire.
Mais il fallait bien s’y attendre cette droite arrogante ne pouvait pas faire une autre analyse du résultat et de l’abstention qui constitue
souvent un acte politique et surtout consacre le vote « aller vous faire voir » envoyé à la face de toute la classe politique française et européenne.
Pour la gauche majoritaire mais trop dispersé aussi le message est clair, c’est celui du rassemblement sur un projet qui tienne vraiment
compte des gens et le besoin de réhabiliter la politique aux yeux des citoyens.
Pas celui d’une partie de la gauche mais bien de toute la gauche sans exclusion de personne… pour peu que le programme réponde aux aspirations
populaires, il n’est pas question de faire preuve de sectarisme et d’empêcher les bonnes volontés de travailler à mener à bien l’immense chantier qui s’annonce.
Et la tâche est considérable et risque de se transformer en une mission impossible tant la droite et le patronat montre de détermination avant
d’attaquer ce nouveau round contre les acquis et les droits d’une majorité pour bénéfice d’une minorité.
Le 13 juin 2009 : une première étape dans la résistance aux projets de
Sarkozy
Peu après une élection où l’UMP voulait croire qu’elle avait écrasé ses principaux adversaires et casser le moral de ceux qui résistent encore
à leur politique de régression généralisée, la portée d’un rassemblement massif dans les rues est plus grande que l’on veut bien l’admettre du côté de la majorité présidentielle.
Nul doute que ces tristes individus de la droite et du centre ont du montrer moins d’enthousiasme en voyant encore 1,2 millions de personnes
dans la rue ce samedi malgré un message encore une fois étouffé médiatiquement. Bien que loin d’être un second tour social, ce maintien de l’unité syndicale est de bonne augure face aux menaces
pesant sur les services publics et le modèle social français.
Effacer cette mine satisfaite, qu’ils affichaient ces derniers jours est déjà un point positif, mais ne suffira vraisemblablement pas à
entamer leur volonté de mener une nouvelle offensive généralisée.
Malgré tout, on peut se réjouir en France de l’élection au parlement européen de 5 eurodéputés issu du Front de Gauche ou d’un rassemblement
soutenu par le Front de Gauche comme ça a été le cas pour le communiste réunionnais Elie Hoarau qui grâce à au score de sa liste qui obtient plus de 21% sur la circonscription d’Outre-Mer permet
au Front de Gauche et ses alliés de devancer l’extrême droite. A n’en pas douter, Elie Hoarau, Marie-Christine Vergiat (élue dans le sud est), Jean-Luc Mélenchon (élu dans le sud ouest), Jacky
Hénin (élu dans le Nord Ouest) et Patrick Le Hyaric (élu en ile de France) constitueront un rempart aux dangereux projets de la droite européenne.
Malgré l’échec du modèle capitaliste, la droite persiste et signe encore… le traité de
Lisbonne
Celle-ci en dépit de la perte de 21 députés au parlement européen, va tenter de faire adopter en
force le traité de Lisbonne pour une Europe toujours plus libérale, soumise au bon vouloir des capitalistes qui retenaient leur souffle le 7 juin dernier.
Il en va de même pour la directive du temps de travail visant à porter le maximum d’heures travaillées en Europe de 48h à 65h que le groupe de
la Gauche Unie Européenne et de la Gauche Verte Nordique avait réussi à faire reculer en rassemblant une majorité contre cette régression sociale majeure.
Sans même mentionner la libéralisation dans le domaine de la santé décidée juste avant les élections européennes et dont les conséquences
seront catastrophiques à moyen terme, et sans parler non plus de la directive « Bolkenstein » toujours prête à ressurgir, nous pouvons mesurer l’ampleur et la dangerosité du projet de
révolution libérale qui plane au-dessus de nos têtes.
En France aussi, les projets de retour vers le passé reviennent sur la
table
Mêmes causes et mêmes effets en France, où le gouvernement compte poursuivre et accentuer encore la pression sur les salariés sommés d’aller
travaillé plus longtemps… la droite parle de 65 ans, voir de 67 ans du côté de Laurence Parisot qui entend elle aussi abattre quelques cartes avec l’appui sûre de la droite et du centre.
La patronne du MEDEF révèle à demi-mot sa vision de la « France d’après » qui coïncide parfaitement avec celle du reste de la
droite à savoir un pays où les gens travailleront jusqu’à 67 ans, et pourquoi pas 70 ans, et ne pourront même pas espérer avoir une retraite insuffisante dans le système de retraite à la
française par répartition.
Ce système dont les bienfaits sont loués à travers le monde est une nouvelle fois au centre des appétits des capitalistes qui réclament avec
plus de force la mise en place d’un système de retraite à l’anglo-saxonne, c’est-à-dire par capitalisation. La volonté de la droite et du centre de mettre sur les rails ce système qui a pourtant
ruiné des milliers de salariés aux Etats-Unis ou en Angleterre même avant la crise du capitalisme, laisse craindre le pire pour les retraités comme pour les salariés.
La patronne des patrons français appellent d’ailleurs à un débat public sur notre système de retraite où elle souhaite abordée la question de
la retraite par capitalisation, celle de l’allongement de la durée du travail et celle l’accroissement des cotisations salariales. Les réformes précédentes qui avaient déjà fait reculer l’âge de
la retraite alors que le chômage des jeunes n’a jamais été aussi élevé, n’avaient pas réglé le problème puisqu’elles avaient refusé de s’attaquer à la source du mal.
La question centrale qui devrait être au cœur d’un vrai débat public est bien celle de la répartition de la valeur ajoutée créé par les
travailleurs accaparée de plus en plus par les capitalistes, qui aggrave le déficit des caisses de retraites et réduit d’autant les pensions de retraites. Mais celle-ci le MEDEF et la droite ne
veulent pas en entendre parler, et éviteront de la mettre sur la table de même que la question de la hausse des cotisations patronales (qui pourraient être modulés selon les bénéfices réalisés
par les entreprises). Alors un débat public sur toutes ces questions, j’ai envie de dire : chiche ?
Et pourquoi pas aussi un débat citoyen large sur la question des services publics et notamment celui de La Poste. Entreprise publique très
appréciée des français, service de proximité souvent indispensable surtout dans les zones les moins peuplés.
L’ouverture à des capitaux publics pour le moment est la première phase vers une privatisation et des nouveaux retraits du service public
postal qui touchera surtout, une nouvelle fois, les plus fragiles. La promesse du gouvernement de se limiter à une ouverture à des capitaux publics est à prendre avec autant de sérieux que celle
du ministre Sarkozy qui affirmait que GDF ne serait pas privatisé… on a vu le résultat et surtout la répercussion sur les factures de gaz et d’électricité. Mettons sur la table les exemples
européens qui démontrent la baisse de la qualité des services et parfois même leur disparition pour ceux qui ont le moins de moyens.
Tous pourront voir alors que, non soumise à cette concurrence libre et non faussée à laquelle la droite et certains sociaux-libéraux vouent
un véritable culte, La Poste entreprise publique a un bel avenir devant elle et pourra rendre encore beaucoup de services aux français et encore
s’améliorer en se réimplantant là où elle s’est retirée.
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