A chaque crise dans le monde agricole, les mêmes problèmes resurgissent : des prix de vente trop faibles pour les agriculteurs et une plus value importante partagée entre les intermédiaires et les grandes surfaces.
Entre le prix final payé par les consommateurs, et celui auquel les agriculteurs cèdent leur lait : un gouffre qui place les petits producteurs en grande difficulté et les familles les plus pauvres dans une situation de carence vis-à-vis de produits indispensables au développement des êtres humains.
Dans une négociation déséquilibrée entre des industriels qui se partagent des circuits de distribution bien verrouillés et des producteurs parfois très isolés, les mêmes causes produisent les mêmes effets et la spéculation sur un bien alimentaire vital peut alors battre son plein sous l’œil bienveillant du gouvernement et de la commission européenne.
Les intermédiaires à leur tour accusent la grande distribution d’être responsable de la situation de cette filière. Bien que cela ne les exonère pas de leurs propres responsabilités, il est certain que les grandes surfaces portent une responsabilité importante dans cette énième crise.
En l’absence de tout contrôle et comme dans l’ensemble des domaines qu’elle maîtrise la grande distribution impose ses prix d’achat et règlent ses prix de vente selon son bon vouloir. Elle assure ses marges malgré la puissance des industriels en leur faisant répercuter leur prix sur les achats aux producteurs et en imposant des délais de paiement de plus en plus long.
Avec l’avance de trésorerie que cela constitue, la grande distribution élargit ses activités aux produits financiers en spéculant grâce à l’argent des consommateurs jusqu’à la date du paiement des fournisseurs. Elle profite également des sommes considérables générés par ces activités pour racheter des industriels de la filière et ainsi se servir à l’ensemble des étapes de la vente du lait.
Les industriels et la grande distribution peuvent compter sur la complicité active de la droite qui permet ce racket pour le plus grand bénéfice des riches patrons de l’agro-alimentaire.
Pour éviter que cette crise ne conduise à la disparition de petites exploitations agricoles avalées par les plus grands qui sont relativement à l’abri de ce type de crise, les pouvoirs publics doivent intervenir.
Il ne s’agit pas selon les dogmes libéraux de préserver la prédominance du marché dans lequel les plus forts imposent leur loi aux plus faibles, mais bien de garantir aux producteurs un prix leur permettant de vivre du fruit de leur travail tout en assurant l’accès de tous à ces produits.

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