Partager l'article ! J’aime pas les donneurs de leçons: Quand je dis que je ne les aime pas ce n’est pas tout à fait exact. Disons qu’ils m’inspirent une so ...
REVOLUTION TROYENNE :
« Ceux qui rêvent éveillés ont connaissance de mille choses
qui échappent à ceux qui ne rêvent qu'endormis. » Allan Edgar Poe
Quand je dis que je ne les aime pas ce n’est pas tout à fait exact. Disons qu’ils m’inspirent une sorte de dégout mêlé d’une forme de sympathie car la plupart du temps ces moralisateurs sont des gens qui cherchent avant tout à se donner plus d’importance qu’ils n’en ont réellement et en cela ils sont touchants d’une certaine façon.
Ils sont faciles à reconnaître et on en connait tous dans divers domaine. Mais ici j’ai plutôt envie de parler des donneurs de leçons politiciens qui prétendent se placer au-dessus du commun des mortels et avoir une vision « pragmatique » (disent-ils) des choses.
Comment reconnaître un donneur de leçons ?
Bien sûr, ils essayent de se donner un aspect modeste…ainsi le donneur de leçons ne va jamais dire ouvertement : « vous êtes des cons, moi je sais, écoutez-moi » mais va tout faire pour vous le faire sentir.
Bien évidement le donneur de leçons a des avis sur tout mais comme dirait Coluche il a surtout des avis qui, au final, n’intéresse pas grand monde, car c’est une autre caractéristique du donneur de leçons il ne parle de rien mais en parle beaucoup.
Un donneur de leçons passe beaucoup dans les médias parce qu’il donne l’impression d’être un sage qui a énormément de recul et ne se laisse pas submerger par les passions… même si par moment il se permet une envolée « lyrique » sur un thème convenu avec un point de vue très consensuel. Car le donneur de leçons suit l’opinion, ce n’est pas un philosophe ou un journaliste courageux remettant en cause la pensée dominante… non, non surtout pas ! le donneur de leçon est quelqu’un de raisonnable qui trouve qu’il y a du bon partout en politique et même si pour cela il faut avaler des couleuvres, la vérité est ailleurs selon lui… quelque part au milieu du vide idéologique.
Pourtant le donneur de leçon se veut impertinent, il prend courageusement position contre la guerre même si dans certains cas, il la comprend. Il s'offusque des décisions des puissants, mais ne
les remets pas en cause fondamentalement se contentant de quelques critiques formelles.
Le donneur de leçons passe aux yeux de beaucoup pour un guignol, mais ne s’en rend pas compte, il se plait à croire qu’il est entendu et suivi… c’est souvent un « ex quelque chose »…
souvent un ex-candidat à une élection, en retrait de tel ou tel partie mais aussi parfois fils ou neveu de quelqu’un de disparu de la scène politique dont plus personne ne se souvient bien ce
qu’il a fait.
C’est aussi souvent un homme, peut-être les femmes sont-elles vraiment plus humbles et répugnent-elles à ce type d’altitude ou peut-être simplement sont-elles plus absentes de la vie politique, la faute à un certain machisme ambiant…
Généralement quand il commence une phrase sur un sujet, le message qu’il veut faire passer c’est à la fois « ceux qui s’occupent de cette affaire ne sont pas à la hauteur » et « j’ai entendu tous les points de vue, et j’ai bien tout compris naturellement, et voici la réalité »
Les outils des donneurs de leçons :
Le donneur de leçons en politique ne livre pas vraiment une analyse, car pour cela il faudrait qu’il maîtrise lui-même le dossier… l’important est de faire croire aux autres qu’il en connait beaucoup sur le sujet et, en tout cas, bien plus que ceux qui agissent.
Pour cela, il utilise sa technique favorite : le jet du discrédit… Attention le discrédit n’est pas une arme très sophistiquée, non ! Elle ne résiste pas au décorticage des « arguments » présentés. C’est surtout une arme spectaculaire qui en met plein la vue, car il faut reconnaître une qualité au donneur de leçon c’est sa façon de s’exprimer.
Il use de l’ironie, tente de ringardiser les points de vue des uns et des autres, multipliant les attaques d’autant plus faciles qu’elles sont fausses, mais peu importe car le donneur de leçons ne se rabaisse pas à se justifier. Il intervient en donnant l’impression de se placer au-dessus de la mêlée… son point de vue est l’objectivité, alors que celui des autres d’après lui n’est qu’un aveuglement théorique, souvent marxiste-léniniste voir staliniste (ça fait encore plus peur), car le donneur de leçon tout apolitique qu’il est, n’est ni de gauche… euh… ni de gauche. (Mais nous y reviendrons plus loin.)
Le donneur de leçon prend un malin plaisir à tourner au ridicule les idéologies et les passions surtout quand elles ne vont pas dans le sens qui est le sien, il s’efforce de prendre alors un ton neutre mais autoritaire, un peu comme celui du bon père de famille qui réprimande les enfants turbulents…
Le donneur de leçons, je le rappelle : sait, et donc ceux, qui ne pensent pas comme lui sont de gentils idiots ou simplement des incompétents. Il ne prend donc pas la peine de se lancer dans une longue argumentation même s’il use sans scrupule des arguments des autres. Ils tiennent un discours convenu et use d’arguments d’autorité en utilisant des formules du type : « tout le monde sait bien », « il est évident que… »
Au final, il critique mais ne propose rien et critique ceux qui critiquent en les accusant de ne rien proposer (ce qui n’est pas le cas bien souvent mais il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre).
Les différentes formes de donneurs de leçons :
Comme tout moralisateur il est quand assez souvent conservateur donc plutôt de droite, avec de temps à autre des relents de progressisme mais sporadiquement quand même… par contre, parce que ça fait bien quand même, il peut se dire de gauche, et même être adhérent du PS ou du PRG… ça ne mange pas de pain et quand on applique une politique de droite, ça fait ouvert et moderne (à ce qu’il parait). Il peut aussi se dire du centre, prenant ainsi le meilleur de la gauche et le meilleur de la droite (on ne sait pas trop sur quels thèmes et avec quelle cohérence mais peu importe là encore, car ce qui compte c’est de donner l’impression d’avoir du bon sens.)
Parfois aussi le donneur de leçon est de gauche, vraiment au plus profond de son âme, mais comme il n’est pas aux affaires et ne veut surtout pas y aller sauf dans une vague révolutionnaire majoritaire (prévue pour 2081 à la veille de la disparition de l’espèce humaine…)… dans son cas, il jure que l’autre camps, celui des incapables : va des communistes à la droite en passant par les socialistes qui représentent souvent l’incarnation du mal absolu… les sociaux-traitres comme on dit, auxquels les communistes s’allient en trahissant ainsi les classes populaires… le donneur de leçon authentique, 100 % à gauche, pourtant appelle à battre la droite au second tour et ne veut surtout pas remettre en cause le leadership des socialistes à gauche… ou alors tout seul parce que lui sait !
La meilleure réponse à apporter à ces donneurs de leçons, c’est de les ignorer, bien que ça ne soit pas particulièrement agréable pour eux mais qui a le mérite de les remettre à leur place. C’est aussi la remise en cause de la « posture objective », la politique n’est pas une science exacte, ce n’est même pas une science, il n’y a pas un bon sens politique mais seulement des expériences, des théories qui nous passionne et nous guide plus ou moins.
Ceux qui prétendent à l’objectivité ne sont pas très honnêtes ou simplement se mentent à eux-mêmes, ils ont généralement une très haute opinion d’eux-mêmes et se pense incontournable, donc leur prouver qu’ils le sont peut permettre de dégonfler leur égo.
Bien entendu le donneur de leçon de gauche m’est beaucoup plus sympathique que le premier nommé bien qu’il puisse m’énerver tout autant. D’ailleurs je le suis, sans doute moi aussi, puisque je me permets de les juger. Toutefois je n’ai pas la prétention d’agir autrement que par conviction envers ce que je crois juste ce qui me parait déjà être une différence de taille avec eux.
Je ne suis pas objectif même si je perçois une part de la réalité qui me dégoûte profondément et fonde mon engagement politique. J’ai une fâcheuse tendance à mettre en doute la parole de ceux qui me disent : « c’est comme ça et ça ne peut pas être autrement » et ceux-là sont d’ailleurs souvent des donneurs de leçons…
Toute lessive a son bonus
Le gouvernement français a un sens inouï de la mesure. Aussi aigu qu'énorme. Si la police est dans les détails, le diable bien sûr y a part. Mais comment ça marche, ce cabinet des antiquités, moderne! Poulies, ficelles, à chacun de reconnaître les siennes. Rendre tonique un fait divers, pour en extraire une loi, la meilleure, et en tirer le meilleur parti possible, c'est de la compassion envers les victimes. Qui nie cette vérité est rien de moins qu'un criminel. Lancer un débat sur une catastrophe d'ampleur capitaliste, alors que le Japon croule sous le fardeau du malheur et une montagne de victimes, c'est de l'indécence! Qui s'en fait le porte-voix, sa nature est méchante. La France est donc le pire pays et le meilleur. Le pire étant de donner des leçons de civisme et le meilleur d'en faire des blagues à prendre au sérieux. La France est bien le pays des droits de l'homme et du citoyen. Mais, par extension, selon sa version libérale de dixième génération, l'homme y est en piteux état et vit à la merci du citoyen le plus pitoyable du monde. Au moins, l'exception s'y porte-t-elle bien. Ce qui, au regard de l'unité retenue, paraît vraisemblable. Mais que reste-t-il de la vie politique, après ce lessivage radieux, à la japonaise? La violence! Encore la violence! Toujours la violence! Et donc fatalement pour reconnaître les nôtres, prolétaires, c'est assez simple: tirons sur les ambulances! Qui a jamais vu les morts se mettre debout et prêcher la compassion, sinon leurs assassins indécents!