Mercredi 9 février 2011 3 09 /02 /Fév /2011 12:33

Le costume de chien de garde de Sarkozy lui va si bien…


                Décidemment très à l’aise en tant que porte-parole du gouvernement, Baroin joue la provocation vis-à-vis des magistrats excédés par les déclarations de Sarkozy et de Fillon. Pour prendre la défense de son maître à penser, le ministre du budget nie l’évidence : le problème de la justice ne serait pas une question de moyens mais une question de volonté selon lui.

Effectivement il y a bien une question de volonté derrière tout ça, mais ce n’est pas celle du pouvoir judiciaire, c’est celle des pouvoirs exécutifs (le gouvernement) et législatifs (les parlementaires de droite) qui préfèrent couper les crédits de la justice pour mieux en dénoncer les dysfonctionnements.

Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage. Derrière tout ça, il y a clairement une tentative de remise en cause de l’indépendance de la justice dans notre pays. La droite veut mettre la main sur la justice qui fait obstacle à sa volonté de tout contrôler.

L’objectif est d’imposer en permanence une réponse répressive aveugle tout en sacrifiant les aspects préventifs et curatifs beaucoup moins rentables économiquement et électoralement que ne peuvent l’être des peines de prisons ou un renforcement des dispositifs de sécurité.

Ces accusations visent aussi à durcir la loi en restreignant les libertés et les droits des accusés comme des victimes pour s’attirer la sympathie de l’extrême-droite quitte à jouer de façon odieuse avec le désarroi et la détresse des proches de victimes.

 

Les magistrats ne sont pas des marionnettes, c’est bien ce que Baroin leur reproche.


Parlant de manipulation de la part de syndicats hostiles au gouvernement (ils ont toutes les raisons de l’être) il cherche par là à discréditer un mouvement qui révèle une crise profonde de la justice en France. A la propagande permanente orchestrée par le gouvernement, le maire de Troyes ne tolère pas qu’on puisse opposer une quelconque résistance.

Dans le monde idéal de l’UMP, les magistrats comme les agents de la fonction publique sont condamnés à être pris pour cibles, à voir leurs moyens réduits et à en assumer les conséquences à la place de ceux qui imposent la politique de recul des services publics.

Manque de bol, même à Troyes, ce n’est pas le monde merveilleux de Nicolas Mouse et Carla Mini, les magistrats en ont ras-le-bol de gérer la pénurie de moyens. Ils refusent de prendre les coups à la place de ceux qui non seulement n’assument pas la responsabilité des politiques régressives qu’ils mènent et qui vont jusqu’à les livrer lâchement à la colère populaire.

Ce n’est pas l’erreur judiciaire qu’il faut pointer mais la faute politique de la droite, bien manipulée par le MEDEF et d’autres lobbies aux idées nauséabondes. Baroin est tombé bien bas, allant jusqu’à mentir publiquement en prétendant que la justice comme l’enseignement supérieur et la recherche sont épargnés par les serrages de vis budgétaires. Les suppressions de postes et la carte judiciaire ne sont pourtant pas des inventions de la part des syndicats et de partis politiques hostiles au gouvernement.  

Par flotroyen - Publié dans : Gueulantes
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