Des vacances mais pas pour tout le monde…
La France reste la première destination touristique au monde et même si l’Aube ne figure pas parmi mes destinations les plus prisées, elle demeure le seul horizon pour des milliers d’Aubois pour qui l’idée même de faire du tourisme se heurte à la dureté des conditions de vie quotidiennes. Combien de personnes ne partent pas pour les vacances ? Combien de personnes ont même perdu simplement la notion de vacances ?
Quand les congés payés deviennent un « privilège ».
Quand avec l’avènement du Front Populaire il y a 70 ans, les salariés ont obtenu de haute lutte les premiers congés payés, ils devaient imaginer qu’il s’agirait là d’un premier pas vers une société où toute la vie ne serait pas entièrement consacrée au travail. Ils auraient sans doute été loin d’imaginer que plutôt que de se démocratiser de plus en plus, les congés deviendraient presque une exception.
Combien de personne dans l’Aube ne bénéficient pas de congés payés, faute d’un emploi, ou faute à un statut de plus en plus précaires ?
En plus des 10,4% de chômeurs que compte officiellement notre département, des 10% de personnes qui ne bénéficient pas d’un CDI parmi ceux qui ont un contrat de travail, des milliers d’étudiants Aubois n’ayant d’autres choix que de supplier les boîtes d’intérim de bien vouloir leur accorder une mission pendant l’été, on peut déjà constater que plusieurs dizaines de milliers de personnes ne bénéficiant même pas de congés payés.
Pour ces gens, pas question de partir. Déjà cela pose des problèmes financiers parfois insolubles, mais aussi il est difficile de faire un quelconque projet de voyage quand du jour au lendemain on peut être appeler pour « travailler » et quand on galère pour trouver un petit boulot on ne peut pas passer à côté d’une telle opportunité.
Quand l’emploi ne garantit même pas un pouvoir d’achat suffisant.
Le nombre de travailleurs pauvres augmente dans des proportions de plus en plus inquiétantes dans notre département, comme partout ailleurs. L’emploi ne garantit plus de pouvoir se loger, et vivre décemment… alors les loisirs, comme vous l’imaginez bien, passent souvent à la trappe. Pour certains parents c’est un véritable crève-cœur de ne pas pouvoir partir avec leurs enfants, ni même les envoyer en colonies de vacances, mais que voulez-vous quand on ne peut pas boucler les fins de mois, ce n’est pas pour s’offrir du bon temps. Heureusement que des organismes comme le secours populaire apportent un peu de joie à quelques enfants chaque année, en leur offrant des vacances et un souvenir à raconter à leurs camarades de classe. Mais combien d’enfants ne peuvent en profiter ?
L’INSEE donne bien quelques statistiques sur les départs en vacances, elle estime ainsi à 35 % le nombre de personnes ne partant pas en vacances, mais ces chiffres cachent d’énormes disparités. 52 % des ouvriers restent chez eux, 37% des employés, 47% des retraités pour d’autres raisons parfois 62% des agriculteurs ne quittent pas leurs campagnes…
Des conséquences aux causes multiples.
Plusieurs raisons expliquent ces phénomènes, le premier étant bien évidemment un chômage de masse, et même si Villepin répète à qui veut l’entendre que le chômage baisse, la réalité est très différente. Les radiations, les petites formations bidons, les contrats de travail à temps partiels, et d’autres bidouillages font sortir des milliers de personnes des statistiques officielles. De la part d’un gouvernement qui préfère s’attaquer aux chômeurs qu’aux racines du chômage, il ne fallait pas attendre autre chose, alors même qu’au moins un demi millions d’emplois se libèrent chaque année du fait des départs en retraite.
Mais le chômage n’est pas la seule cause de ce phénomène, ni même le seul fléau de nos sociétés, à celui-ci il faut ajouter la précarité réclamée par le MEDEF au nom d’une compétitivité qui sert d’excuses à l’inacceptable. Cette précarité est une conséquence du chômage puisque les salariés doivent la supporter à cause de la menace des licenciements et autres délocalisations. C’est également une cause du chômage puisqu’elle constitue un frein à la consommation et donc à l’activité des entreprises qui en résulte. Par exemple, un salarié en CNE ne partira pas de vacances préférant mettre un peu d’argent de côté au cas où il serait licencier sans motif du jour au lendemain. Il ne fera donc pas fonctionner le tourisme et si tout le monde était dans sa situation il n’y aurait plus guère que quelques touristes étrangers pour faire vivre ce secteur de l’économie.
Enfin, la raison principale de l’absence de vacances pour de nombreuses personnes et qui est très liée aux deux causes citées plus haut, c’est la perte de pouvoir d’achat. Le simple transport est devenue pour beaucoup une dépense insoutenable, avec la hausse des prix de l’essence, prendre sa voiture provoque déjà un trou dans le budget d’un ménage modeste. Le coût du séjour sur place est lui aussi de plus en plus élevé, hôtel ou camping, restaurant ou barbecue, tout parait cher quand on gagne le SMIC… et oui, on est bien loin des 1500 €…
Eté 2007 : Tout peut changer. Tout doit changer !
L’été 2006 pourrait bien être le dernier, où on pourrait déplorer une telle situation. D’ici un an, les millions de personnes privés de vacances pourront peut-être enfin s’en offrir.
Imaginez si la gauche gagne demain. Attention pas la gauche qui appelle « vote utile » celui qui lui permettra de refaire une politique sans ambition… non, la gauche qui arrivera à faire naître l’espoir d’une amélioration de la vie des gens et qui dès son arrivée aux responsabilités ne les décevra pas. La gauche qui peut promettre qu’elle mettra en place un SMIC à 1500 € par mois pour 35h dès son arrivée au pouvoir, qui mettra fin au chômage et fera disparaître la précarité par des mesures qu’elle financera en prenant l’argent où il est. Et cet argent existe, il est présent dans les circuits financiers, dans les profits des entreprises comme Total qui fait le plein en même temps que l’automobiliste fait le sien avant de prendre la route des vacances.
La possibilité que cette gauche l’emporte dès 2007, est réelle. Dès maintenant, chacun-e a les moyens de prendre son destin en main et de faire aboutir ce projet pas si fou. C’est le mouvement populaire au service duquel se place le parti communiste, qui permettra de faire bouger les choses et de faire en sorte que l’été prochain, tout le monde puisse faire le choix de partir ou non en vacances.
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