Le débat actuel autour de l'affaire Clearstream prend de plus en plus une tournure irréelle. Devenue une affaire politico-politicienne, cette histoire momunmentale de blanchissement d'argent sale, de détournement de fond à l'échelle planétaire est pourtant à la base un véritable scandale financier.
Son utilisation à des fins de destabilisation du pouvoir n'est pas à la hauteur des enjeux véritables qui se trament derrière ce dossier.
Clearstream, "cette banque des banques" basée au Luxembourg est un outil important de la finance mondiale, qui est une parfaite illustration des dérives d'un système capitaliste opaque qui parait incontrôlable. Et pourtant... comme dans bien des cas, il suffit parfois d'un petit coup de pouce et d'une réelle volonté politique pour mettre au clair ce qui se passe vraiment dans cette véritable boîte noire comme la dénomme Denis Robert dans le livre du même nom. (dont je vous conseille la lecture au passage).
Mais cette volonté politique est inexistante actuellement au niveau national où l'on préfère se battre pour faire tomber telle ou telle personne, et où l'on préfère faire le jeu de l'extrème droite et de son discours "tous pourris" pour cacher un autre projet digne de l'extrème droite sur "l'immigration choisie".
Evidemment parler de Cleartsream en se faisant passer pour la victime d'infâmes calomnies est plus facile que de défendre un projet visant à faire des immigrés: de véritables outils, des objets au service d'un pays et d'un système qui les chassent de chez eux... ce double pillage (richesses naturelles et richesses humaines) des pays les plus pauvres est digne d'une époque néo-colonialiste dont la droite parait nostalgique.
Mais que dire également de la volonté européenne de démêler le vrai du faux dans l'affaire Clearstream ? La Commission Européenne toujours aussi zêlée lorsqu'il s'agit de faire appliquer l'agenda de Lisbonne ne semble pas se préoccuper de l'affaire. Le groupe GUE regroupant les partis progressistes des Etats membres au Parlement Européen n'est ni entendu, ni suivi lorsqu'il s'agit de rendre plus transparentes les pratiques financières en Europe et dans le Monde. Les chefs d'Etats Européens ne semblent pas non plus près à dévoiler les rouages secrets de la finance mondiale.
A l'heure où l'on présente le besoin de réformes libérales comme indispensable pour le bien être de tous, où l'on demande aux populations des sacrifices toujours plus importants, savoir qu'il existe des moyens financiers (des milliers de milliards d'€ sans doute) pour mettre en place une politique plus juste serait sans doute du plus mauvais effet pour les tenants du libéralisme à l'approche des échéances électorales...
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