Sous les Bibi : la ligne Paris – Troyes - Mulhouse
Le mardi 9 octobre dernier, la gare de Troyes était sous le feu des projecteurs pour le baptême (civil) de l’AGC bimode, bicourant : le désormais célèbre BIBI qui est un train capable de rouler sur ligne électrique (1 500 volts continus ou 25 000 volts alternatifs, d’où le nom bicourant) ou non en passant d’un mode de traction électrique à un mode de traction diesel.
Une première mondiale dans le domaine ferroviaire en Champagne-Ardenne : les BIBI !
Pour cet évènement, la Région en partenariat avec Bombardier, avait souhaité mettre les petits plats dans les grands, et la présence d’Anne-Marie IDRAC en gare de Troyes avait attiré non seulement quelques journalistes mais aussi plus d’une cinquantaine de cheminots (au niveau régional, la CGT Cheminots et Sud Rail avaient appelé à ce rassemblement) bien décidés à faire entendre à la présidente de la SNCF leur opposition au nouveau plan fret - qui pour beaucoup est un nouveau coup dur porté au fret ferroviaire -, mais aussi leurs inquiétudes quant à l’établissement de traction et la qualité de service sur la ligne Paris – Troyes – Mulhouse. François Baroin présent pour l’occasion a pu apprécier sa popularité auprès des cheminots qui l’ont conspué dès sa prise de parole. Malgré ses tentatives d’apaisement, et un provocateur « chers camarades », personne n’était dupe par rapport à sa réelle implication en faveur du service public, et il a fallu l’intervention de Pierre Mathieu pour qu’il puisse poursuivre son discours. Intervenant après Anne-Marie Idrac, dont les propos paraissaient parfois assez décalés avec la réalité, le président du Conseil régional a rappelé l’effort de la région pour l’acquisition des BIBI (40 millions d’euros) et plus généralement pour la promotion du transport ferroviaire avec un attachement fort au service public mis en œuvre par la SNCF avec des moyens financiers et humains en conséquence. C’est aussi ce message qu’a fait passer le Vice-président du Conseil régional chargé des Infrastructures et des Transports au cours de la table-ronde qui s’est déroulé ensuite, adressant également ses propos à RFF pour rappeler qu’il était indispensable que le gestionnaire de l’infrastructure participe au financement de l’électrification et qu’il fallait d’urgence revoir les dispositifs de financements du transport collectif pour les Régions pour leur donner les moyens de répondre aux besoins de la population, et au « fameux défi écologique. »
Les bibi : un choix pour améliorer l’existant, accompagner l’électrification de la ligne et exploiter les possibilités de désenclavement du sud de l’Aube et de la Haute-Marne.
La région Champagne-Ardenne est la première région de France à avoir acquis cet automoteur qui utilise une technologie de pointe grâce aux savoirs faire des 1700 personnes qui travaillent actuellement sur le site de Crespin (cf. dernier numéro de la Dépêche de l’Aube).
Les Haut-Marnais et les Aubois, ont été les premiers à en bénéficier depuis le 10 juin 2007 puisque ces nouveaux trains sont affectés principalement à la desserte de la ligne Culmont-Chalindrey / Troyes / Paris-Est.
Pour expliquer ce choix, Pierre MATHIEU qui a pris une part prépondérante dans le choix et l’affectation des BIBI à la ligne 4, a rappelé à plusieurs occasions qu’il s’agissait d’un investissement pour améliorer les conditions de transports des usagers, réduire les réductions de gaz à effet de serre, mais qui en plus prépare la région aux évolutions sur la ligne : électrification de la ligne dans sa totalité en commençant par le tronçon : Gretz – Troyes, et plus généralement désenclavement du sud de la Région parallèlement aux réflexions en cours dans le cadre du Schéma Régional des Infrastructures et des Transports.
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