Assemblée générale de la section Troyes – Agglo du PCF du 17 novembre
Le débat s’inscrivait dans la continuité du débat public départemental de l’Aube du 13 novembre 2007. Il s’est articulé autour de notre analyse de la société et de ses évolutions, les obstacles que nous rencontrions, la perception du PCF dans l’opinion publique, son rôle et son utilité, ainsi que le projet qu’il doit porter.
Notre analyse de la société et de son évolution
Entre la naissance du Parti Communiste Français en 1920 et maintenant, tout le monde s’accorde à dire que le contexte a beaucoup changé. Au-delà de l’évolution du capitalisme pour certains la société paraît aujourd’hui plus morcelée qu’elle ne l’était, et des certitudes sur des lendemains qui chantent ont laissé la place à une forme de résignation. Dans le même temps, comme le signalent quelques participants, les reculs des solidarités sociales se sont multipliés et les capitalistes ont marqué des points indéniablement face au projet de société progressiste.
Entre la naissance du Parti Communiste Français en 1920 et maintenant, tout le monde s’accorde à dire que le contexte a beaucoup changé. Au-delà de l’évolution du capitalisme pour certains la société paraît aujourd’hui plus morcelée qu’elle ne l’était, et des certitudes sur des lendemains qui chantent ont laissé la place à une forme de résignation. Dans le même temps, comme le signalent quelques participants, les reculs des solidarités sociales se sont multipliés et les capitalistes ont marqué des points indéniablement face au projet de société progressiste.
C’est à cette résignation et à l’absence de perspectives politiques que beaucoup attribuent la difficulté à riposter aujourd’hui aux mauvais coups de la droite. Ainsi la riposte initiée par le Parti Communiste le 27 octobre n’a pas réussi à entraîner le reste de la gauche, même si la plupart des militants s’accordent à dire qu’elle était nécessaire. Ceci pose aussi fortement la question des relations du PCF avec le mouvement social et syndical particulièrement, une question que la section de Troyes aimerait voir discutée lors de l’Assemblée extraordinaire.
Certains font remarquer qu’historiquement la société a été marquée également par la chute des régimes des pays de l’Est et la découverte des horreurs commises là-bas. Beaucoup pensent que le Communisme qui apparaissait comme une idée neuve portée par la révolution d’octobre, a subit le contre-coup de la chute de ce qui apparaissait comme une alternative au monde capitaliste. De même certains attribuent la baisse d’influence du PCF à ses participations au gouvernement et une difficulté de lisibilité dans l’ambition du Parti Communiste Français au niveau national et international.
Tout le monde est d’accord aujourd’hui pour dire qu’on ne fait pas le bonheur des gens contre leur gré, qu’il faut tenir compte de leurs aspirations et répondre aux questions qu’ils se posent. Ces aspirations évoluent aussi selon la situation des uns et des autres, notamment en fonction de leur accession à la propriété. Une intervention porte justement sur cette aspiration en expliquant qu’elle est une aspiration à un individualisme émancipateur différent de l’individualisme consumériste que cherche à imposer le capitalisme.
Les obstacles rencontrés et des propositions pour lever ces obstacles
Parallèlement à cela, une des évolutions majeures de notre société est la montée en puissance du pouvoir médiatique qui contribue à la décrédibilisation des propositions de gauche notamment économique et à la présentation du discours en faveur du capitalisme comme une réalité et non un point de vue idéologique. Il faut combattre l’idée même que la gauche n’a pas le sens des réalités économiques, et que le poids de la dette empêcherait des politiques de progrès sociales. Il faut également expliquer nos propositions économiques sur la base de l’analyse (essentiellement marxiste) que nous faisons de l’économie mondiale.
L’accès rendu de plus en plus difficile aux idées de transformations sociales dans ces grands médias au service du capital, n’aide bien évidemment pas le Parti Communiste a être audible. Pour certains, il faut impérativement mener une bataille avec et dans les médias. Certains avancent la nécessité de renouveler les portes paroles du PCF qui passent dans les médias et de ne pas se laisser imposer le choix des personnalités mises en avant.
Pour certains, la force du Parti Communiste est de pouvoir s’appuyer sur des militants ce qui peut permettre de contourner l’obstacle médiatique, en distribuant des tracts, en faisant du porte en porte et en travaillant sur la base des cellules à discuter avec les gens au plus près d’eux en adaptant notre discours au degré de politisation des gens. Certains rappellent qu’il est essentiel que le PCF s’adresse à l’ensemble de la population sur la base d’aspirations communes. Ils précisent que si le PCF a été perçu comme celui de la classe ouvrière, ce n’est plus le cas aujourd’hui mais qu’il ne faudrait pas que le PCF soit perçu uniquement comme le Parti d’une partie de la population.
Une autre difficulté mise en avant par les participants pour le PCF est celle d’un parti politique qui se doit d’être une force politique du quotidien soumise à des échéances électorales mais dans le même temps un parti qui analyse et réfléchit aux évolutions de la société et apportent des réponses qui évoluent elles-mêmes.
Le rôle du PCF et son utilité dans les processus de transformation sociale.
La baisse continue de l’influence du PCF amène de plus en plus de nos adversaires à penser qu’il peut disparaître. Cette hypothèse est malheureusement une réalité pour de nombreux camarades présents, d’autant plus qu’il y a de nombreuses façons de disparaître et des personnes déterminées à en finir avec le PCF porteurs d’idées révolutionnaires dérangeantes qui seraient hors du débat sans lui et qui le sont d’ailleurs de plus en plus. Avec lui, la disparition de l’idée de lutte des classes serait imminente, estime un intervenant dans le débat.
Un participant signale que le Parti Communiste Français apparaît comme un parti solide du point de vu revendicatif, mais qu’il a plus de difficultés à montrer qu’il est une force à même de gérer les affaires du pays notamment du fait d’une perception plutôt négative dans l’opinion du rôle joué par le PCF au niveau national. Il semble que ce ne soit pas le cas au niveau local mais il n’en reste pas moins qu’il est difficile pour les gens d’analyser les compétences aux différents échelons démocratiques.
La dernière campagne présidentielle a mis en évidence, non seulement le caractère anti-démocratique de cette élection, mais aussi notre difficulté grandissante à faire passer nos propositions, souvent inaudibles et de moins en moins crédibles du fait de notre poids électoral déclinant. Pour sortir de ce cercle vicieux, des hypothèses sont avancées dont celles de créer les conditions du changement en accumulant les forces, ou encore d’appréhender les évolutions et chercher à répondre aux nouvelles questions qui se posent. Toutefois certains soulignent l’importance de réfléchir avec d’autres à des projets, des constructions et des batailles politiques car le PCF n’est pas le seul porteur des idées de transformation sociale.
Par ailleurs, la question de la dénomination et de l’image même du PCF, posées comme des obstacles à une hausse de notre audience par quelques uns, a été souvent écarté par les adhérents comme par notre invitée comme n’étant pas une véritable difficulté. La définition en négatif attaché au mot communiste est pour certains plutôt liée à l’absence d’une identification en positif d’un projet ou de propositions communistes. Pour beaucoup c’est sur ce projet tout en conservant l’identité et la dénomination du PCF qu’il est possible de rassembler les gens proches qui sont en dehors du parti communiste. Quelqu’un propose même de les intégrer dans un « mouvement communiste » fédérant les communistes hors du PCF et les adhérents.
Les débats ont ensuite porté sur la nature du projet devant être ambitieux sur un positionnement clairement à gauche et apparaître comme cohérent et possible. Pour une militante, il doit démontrer qu’il existe un monde possible à l’opposé du monde capitaliste. Ce projet doit porter sur des choix de société clairement opposés à ceux qui sont présentés aujourd’hui comme naturels. Selon un avis largement partagé dans l’assemblée de section, il ne peut s’agir d’un catalogue de mesures apparaissant parfois sans grande cohérence entre elles, et ne répondant pas toujours aux attentes des gens. Un intervenant propose de faire du développement humain l’enjeu principal de ce projet pour que l’on soit identifié comme étant les porteurs de cette question. Il estime aussi qu’il y a des batailles à mener sur la question de l’équité : est-ce tirer la population vers le bas comme le fait la droite ? et plus encore sur le devenir de la planète et celui de l’humanité mis en cause par le mode de développement capitaliste. Sur ces questions comme sur d’autres des constructions communes avec d’autres forces de transformations sociales, sont possibles.
La section de Troyes souhaite majoritairement que l’on fasse vivre dès maintenant et non pas 3 mois avant les élections, 4 ou 5 propositions en faveur de la transformation sociale auxquelles on pourrait identifier le PCF portant sur par l’économie et l’écologie, par exemple sur les délocalisations, les systèmes techniques et législatifs qui les permettent…
Tout le monde s’accorde à dire qu’il était temps d’ouvrir une réflexion sur les raisons de notre recul dans la société, cependant quelques participants craignent que l’on ne se pose pas les bonnes questions tout en affirmant qu’il faut débattre de tous les sujets. L’objectif est bien évidemment que notre congrès et nos débats ne passent pas inaperçus et qu’un maximum de gens s’en saisissent, en pensant que cette fois les choses peuvent changer.
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