Restauration scolaire : les parents d’élèves Troyens subissent toujours la double peine !

Publié le par flotroyen

La droite et les institutions internationales toujours prêtes à aider… les riches.

                Plus de 35 000 pauvres dans le département de l’Aube, c’est le chiffre que révélait Libération Champagne il y une dizaine de jours. C’est la triste réalité de ce département dans un pays qui n’a jamais été aussi riche mais où les richesses sont de plus en plus concentrées dans les mains de quelques uns. Ces derniers sont choyés : bouclier fiscal pour protéger leurs revenus, niches et paradis fiscaux pour passer au travers de l’effort national, exonérations diverses pour les entreprises dont ils sont les propriétaires (du tout ou d’une partie)… merci Monsieur Baroin, merci Monsieur Adnot !!! Pas de doute en France comme quasiment partout dans le monde, il fait bon d’être un riche patron-rentier, même en pleine « crise financière ».

Même en pleine « crise financière » - crise du capitalisme excessif par nature, et non du fait du comportement de quelques « brebis galeuses » - les plus riches peuvent compter sur l’aide des institutions qu’ils ont mis en place. FMI (Fonds Monétaire International, « banque mondiale » qui détruit les systèmes sociaux des pays pauvres en échange de prêts à taux élevés), FED (banque centrale américaine), BCE (Banque Centrale Européenne), et bien d’autres… tous ces organismes se mettent au service des actionnaires pour maintenir à flot un système d’où ils tirent des bénéfices toujours plus considérables. A ce petit jeu où apparaissent des milliers de milliards d’euros - sommes démentes qui n’étaient pas disponibles pour aider les pays pauvres en pleine famine généralisée, ni même pour relancer la consommation - on connait les vainqueurs et seuls vrais bénéficiaires de la manne financières : les millionnaires et leurs « pauvres » acolytes seulement millionnaires…

Les privilégiés épargnés, les pauvres matraqués : merci qui ?

                On connait aussi ceux qui devront payer la « douloureuse » de ces milliards d’euros envolés vers les marchés financiers : c'est-à-dire à peu près tout le monde sauf les riches qui menaceraient de partir si on voulait les soumettre au régime commun. Curieux système où les pauvres sont appelés à payer les pots cassés pour les riches, et où ce sont les véritables privilégiés gagnant des millions d’euros chaque année qui montrent du doigt les pauvres en les accusant de profiter du système.

Premiers visés : les bénéficiaires des minima sociaux (qui comme leur nom l’indique sont vraiment minimes), qui avec un seuil de pauvreté à 788 € par mois, sont considérés légitimement comme pauvre… malgré quelques aides indispensables à leur survie, ceux-ci ne vivent pas dans le luxe et ne sont pas d’affreux fraudeurs comme le laisse entendre Philippe Adnot qui n’hésite pas à jeter le discrédit sur tous les pauvres. C’est bien connus, il n’y a que les pauvres qui trichent, et les riches sont irréprochables et ne sont pour rien dans cette situation. Si le chômage était de la responsabilité des patrons et des grands actionnaires, membres éminents d’un capitalisme jamais rassasié, Laurence Parisot nous le dirait. Si les chômeurs soupçonnés d’abus, tombaient encore plus bas avec pour seul soutien quelques maigres aides sociales, sous la pression d’un gouvernement qui veut cacher le désastreux bilan de sa politique économique Nicolas Sarkozy nous l’aurait dit.

Mais loin de se contenter de discours, le maire - président du Conseil général Adnot, mène la chasse à des populations déjà fragiles. Alors bien évidemment il n’est pas question pour lui d’appliquer à la restauration scolaire dans les collèges un quelconque coefficient social. Même si sur les 12 224 collégiens répartis dans 25 établissements publics, certains ne mangent pas à leur faim au moins le midi, faute d’une restauration scolaire à un prix abaissé pour les familles les plus modestes, ça ne dérange pas plus que ça le Sénateur Adnot qui en revanche se bat pour réduire les charges « insupportables » pesant sur les grandes fortunes ou les entreprises.

Tarifs sociaux dans les cantines scolaires : la Région pas mal,  Adnot pas bien, Baroin pas mieux…

On peut pourtant imaginer que sur les 35 000 Aubois pauvres on compte des ménages avec enfants scolarisés au collège qui sont en situation financière très difficile, surtout quand on sait que près de 40 % des familles monoparentales de plus de 3 enfants sont pauvres, et que plus de 20 % des familles monoparentales de moins de trois enfants le sont également. Alors sauf à fermer les yeux sur la dure réalité des situations familiales dans un département comme le nôtre, on peut imaginer que ne pas appliquer volontairement une politique élémentaire de solidarité en matière de restauration scolaire est à la limite du criminel. Sachant que la scolarité est obligatoire jusqu’à 16 ans, combien d’enfants privés d’un repas équilibré le midi sont victimes de cette décision ?

On entend dire depuis la célèbre réplique de VGE que la gauche n’a pas le monopole du cœur, c’est sans doute vrai mais il n’empêche que le Conseil régional de Champagne-Ardenne sur proposition du groupe Communiste à la Région a voté une tarification sociale dans la restauration scolaire des lycées sur lesquels elle possède une compétence... ce que la droite aux affaires depuis toujours jusqu’à maintenant n’avait jamais fait…  Il n’empêche aussi que c’est encore une fois, Anna Zajac, conseillère municipale communiste à Troyes, qui se bat pour la prise en compte des revenus familiaux au niveau des tarifs de la restauration, qui a réitéré cette proposition de même que celle d’une amélioration de la qualité de la restauration scolaire. Mais une nouvelle fois, la droite Troyenne a repoussé l’idée même d’une étude sur ce sujet. Cette décision scandaleuse de Baroin et de sa majorité plurielle à laquelle appartient l’ex-socialiste Marc Bret, privera des centaines d’enfants d’un accès un repas à tarif réduit simplement parce que leurs parents ne pourront pas le leur offrir.




Les parents troyens payent le prix fort à la cantine de la maternelle jusqu’à la fin du collège

Imaginer seulement ce que peuvent ressentir des parents qui se saignent pour survivre alors même que tout augmente sauf les salaires, et les minima sociaux et qui ne peuvent offrir une alimentation saine et équilibrée à leurs enfants. De cette malnutrition, découle des difficultés scolaires supplémentaires, on le sait bien.

Dans le même temps ces personnes qui ne peuvent pas boucler les fins de mois, en sont à renoncer à des soins pourtant essentiels du fait des franchises médicales insupportables… à ces gens, à qui on refuse une mesure politique de solidarité aussi peu coûteuse et pourtant si légitime de la part de la collectivité que la prise en compte des revenus des familles pour le prix de la cantine, Baroin propose en contrepartie une aumône... comme si être pauvre n’était pas suffisant et était une faute, il faut encore demander ce qui devrait être un dû, dans une société ne serait-ce qu’un peu solidaire.


Alors la gauche n’a peut-être pas le monopole du cœur mais une chose est sûr c’est que ni Adnot, ni Baroin, ni même Bret dont le cœur était à gauche selon ses dires, ne lui en dispute le monopole.

 

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Publié dans Politique locale

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