Débat sur la Foire de Champagne: énergie
"Dès maintenant, construire la politique énergétique de l’après pétrole "

C’est devant 150 personnes (le chapiteau était comble) que c’est déroulé le débat sur le thème "Dès maintenant, construire la politique énergétique de l’après pétrole " La diversité des intervenants se prêtait bien à un débat de qualité. Ce fut le cas. Tour à tour P. Germain délégué regional EDF en Champagne-Ardenne, JL Lhuillier, délégué régional de l’ADEME, R. Veit, Directeur général du groupe Soufflet, JM Massin, Les Verts et E. Rouleau, Dirigeant national du PCF spécialiste des questions énergétiques ont fait part de leurs propositions concernant cette question qui touche au devenir même de la planète.
Vers la fin du pétrole ?
En prenant pour thème, « l’après-pétrole » le débat organisé par l’Humanité et la Dépêche de l’Aube, répondait déjà à une question : celle de l’épuisement des réserves pétrolières et de la nécessité de développer d’autres énergies pour faire face à des besoins croissants.
En effet, comme l’a rappelé initialement l’animateur du débat, journaliste de l’Humanité, que les réserves de pétrole existent pour plusieurs dizaines d’années ou pour un siècle selon les prévisions des experts, la croissance des besoins énergétiques à l’échelle de la planète impose une réflexion immédiate sur la question des orientations stratégiques pour répondre à ce défi.
Quelles solutions pour répondre à la demande mondiale ?
L’augmentation spectaculaire de la consommation mondiale d’énergie malgré une hausse toute aussi vertigineuse de son coût, constitue un véritable motif d’inquiétude pour l’avenir de la planète… en effet, celle-ci repose actuellement pour l’essentiel sur des énergies fossiles dont les réserves s’épuisent et dont les émissions provoquent des bouleversements climatiques d’une ampleur effrayante.
Cette dernière donnée parait pour le PCF représenté par Eric Roulot à ce débat la question la plus urgente, d’où le choix du nucléaire pour l’immédiat qui permet de diminuer fortement les émissions polluantes. Bien sûr, la question de la gestion des déchets va se poser à plus ou moins long terme, mais il serait irresponsable de ne pas traiter la première urgence qui est de diminuer les ravages de l’effet de serre car les premières touchées seraient les populations les plus fragiles. Pour cela, une action réelle en faveur des modes de transports moins polluants comme le ferroviaire est indispensable car les transports sont la principale source d’émission de gaz à effet de serre.
Il faut donc à la fois travailler sur cette piste tout en développant les énergies renouvelables, et en réalisant des économies d’énergie en examinant l’efficacité énergétique comme le rappelaient monsieur Germain, directeur régional d’EDF et M. Veit, directeur général du groupe soufflet.
Il est également nécessaire de nouvelles possibilités par une politique de recherche et développement publique ambitieuse, qui nécessite des moyens importants que les grands groupes internationaux refusent d’engager pour des raisons financières alors qu’ils en ont les moyens. Pour le PCF, il ne faut pas éluder la question de la taxation des énormes profits réalisés par ces groupes, pour les affecter à des mesures en faveur de l’environnement telle que l’isolation des habitations par exemple…
La réponse aux besoins énergétiques des populations : un défi planétaire qui reste à relever.
Déjà importante, la consommation d’énergie n’est pas pour autant accessible à l’ensemble de
D’un autre côté on sait que ces chiffres mondiaux de la consommation énergétique cache l’importance de la misère à la fois cause et conséquence de l’absence d’accès à une énergie bon marché.
On le voit donc, la volonté d’économiser l’énergie, en diminuant la consommation d’énergie, ne constitue pas une réponse suffisante aux problèmes mondiaux d’accès aux ressources de
L’augmentation du prix de l’énergie par exemple, ne ferait qu’accroître les inégalités. A cette problématique planétaire, une réponse mondiale est à apporter, et elle passe par la création d’un véritable service publique mondial de l’énergie permettant de répondre aux besoins élémentaires des populations, ceci implique un choix en rupture complète avec la logique actuelle d’ouverture des marchés de l’énergie et de privatisation des acteurs publiques… et la seule formation politique à avoir le courage de préconiser cette solution est le parti communiste.