Quelles infrastructures et quels transports pour la Champagne-Ardenne dans l'avenir

Jean-Claude GAYSSOT, ministre des transports de 97 à 2002 en guest star lors de la réunion régionale du SRIT du 9 novembre 2007.
Le SRIT : un outil de diagnostic pour améliorer la qualité des infrastructures et des transports
Les Schémas Régionaux des Infrastructures et des Transports (SRIT) sont élaborés par les différents Conseils régionaux dans le cadre de leurs attributions légales. Ils doivent permettre de faire un bilan de ce qui existe en termes d’infrastructures et de transports dans chaque région, ainsi que des besoins actuels. Mais c’est également un cadre de réflexion sur l’avenir des modes et moyens de transports à moyen et long terme et sur les infrastructures nécessaires pour répondre à ses besoins. Il doit permettre une concertation de tous les acteurs intéressés par ces domaines.
Une construction du SRIT de Champagne-Ardenne placé sous le signe du désenclavement de la région.
Le colloque qui se déroulait le 9 novembre 2006 à Reims avait pour fonction de réunir ceux-ci pour un point d’étape dans l’élaboration du SRIT qui a débuté il y a maintenant plusieurs mois. Dans son introduction pour rappeler l’intérêt de cette rencontre régionale, Pierre Mathieu, vice-président du conseil régional, chargé des infrastructures et des transports, a également souhaité que l’Etat puisse prendre toute sa part dans le débat et qu’il apporte de bonnes nouvelles dans le financement des projets importants pour le désenclavement de
La question des moyens donnés au développement des transports par le ferroviaire
La matinée de travail s’est ensuite poursuivie par une table ronde à laquelle participaient les vice-présidents chargés des infrastructures et des transports des régions voisines (Lorraine, Picardie et Franche-Comté) pour faire le point sur les SRIT de ces régions ainsi que le préfet de l’Ile de France et quelques acteurs dans le domaine des Transports. L’invité d’honneur de cette rencontre était l’ex-ministre des Transports Jean-Claude Gayssot, et il donna d’entrée une autre dimension aux débats qui certes mettaient en avant la nécessité d’un report modal dans le cadre du développement durable et de la réduction des gaz à effet de serre, mais qui ne posaient pas la question des actes concrets pour mettre en œuvre ce report. L’actuel vice-président de
Les autres intervenants abondaient dans le même sens, à l’exception bien sûr du représentant des transporteurs routiers. Dans les autres régions, les vice-présidents ont eu aussi choisi de travailler sur le développement de modes de transports alternatifs à la route, avec des méthodes variables selon les régions.
Des échanges enrichissants sur des expériences parfois très diverses
Après un rapide déjeuner, les travaux ont ensuite repris par le biais de quatre ateliers traitant spécifiquement de thèmes assez distincts : sur les questions de la mobilité et de la complémentarité des politiques publiques de transport, sur les enjeux de la logistique pour le développement économique et sociale, sur le maillage des infrastructures et le désenclavement ainsi que sur le développement durable. A l’issu de ces travaux, une restitution par un rapporteur synthétisait des débats extrêmement intéressants. En effet, dans chacun des ateliers, les participants ont pu apporter leurs expériences et ainsi les faire partager. Sur les questions de l’intermodalité, l’exemple des transports à la demande sur Chaumont a été présenté par son maire, mettant en avant le succès rencontré mais aussi les limites de ce système sur d’autres agglomérations et dans les territoires ruraux. Les intervenants étaient d’accord sur l’utilité d’une meilleure coordination de leurs politiques pour mieux répondre aux besoins des usagers, reste à savoir si cela va suivre dans les faits.
Pour les questions logistiques, Karine Jarry, présidente du groupe communiste en région est intervenu pour alerter sur les risques de mises en concurrence des territoires entre eux, et sur la nécessité d’une coordination de tous les acteurs au moins au niveau régional pour construire quelque chose de durable.
Le transport collectif : un élément incontournable dans le cadre du développement durable
De façon générale, le transport collectif et le fret ferroviaire pour les marchandises, seront amenés à prendre une nouvelle dimension, pour des raisons écologiques mais aussi économiques avec la hausse du prix des matières premières comme le pétrole. Cela passe des changements dans les mentalités de chacun mais aussi par un véritable changement politique. Il est urgent d’agir pour changer la donne actuelle qui au niveau européen pousse à toujours plus de libéralisation comme si c’était la solution miracle, alors même que quand on fait le bilan actuel de ce qui a été fait avec l’ouverture des marchés et la prédominance des logiques de rentabilité y compris dans des services théoriquement publics, le compte n’y est pas.
Le transport routier se développement au détriment du fret ferroviaire que la libéralisation était censé redynamisé… dans les faits les nouveaux transporteurs se sont rués sur les créneaux rentables et ont encore accéléré le processus de mise sur route du trafic de marchandise. Il n’y a pas d’autres moyens que d’investir massivement dans les transports collectifs et les infrastructures, et de mettre à contribution les entreprises qui bénéficient de coûts de transport tirés vers le bas, ce qui encouragent d’une certaine façon les délocalisations.