Jeunes et rebels donc communistes ?
On peut être jeunes en apparence et raisonner en vieux conservateurs… les jeunes populaires ou les jeunes UDF, nous en font la démonstration chaque jour… pour un peu on les verrait presque s’afficher vêtus d’un tee-shirt arborant Sarko ou Bayrou avec le béret du Che et une étoile rouge… enfin plutôt un pommier bleu – blanc – rouge même si c’est moins flashy. Le rêve d’une société basé sur les bonnes vieilles valeurs du XVIIIème siècle… comme celle prétendue moderne consistant à travailler plus longtemps, en acceptant tout pour être payé à peine plus jusqu’à la fin de sa vie, non ?
On peut aussi être jeunes et rêver à autre chose qu’à un perpétuel retour en arrière sous couvert de modernité… car on peut être jeune et ne pas croire naïvement au couplet ressassé depuis des siècles par ces mêmes conservateurs selon lequel il ne serait pas possible de faire progresser la société et l’humanité sans du même coup ruiner le pays en faisant fuir les entreprises, redouter l’arrivée des chars soviétiques sur les Champs-élysées, ou même provoquer un cataclysme en Europe… ces catastrophistes nous annonçant la fin du monde à la moindre contrariété voudraient bien nous imposer leur vision de la société où de nos jours, les jeunes devraient se résigner à choisir entre précarité ou chômage jusqu’à leur 80 ans voir pire...
De quel droit les jeunes et leurs aînés ont-ils osé aller à l’encontre de cette idée lors des manifestations contre le CPE, de quel droit les lycéens auparavant avaient-ils osé s’opposer aux lois Fillon quelques années plus tôt?
Décidément il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans le petit monde asservi que la droite veut nous imposer.
Voilà que non content de manifester leur mécontentement, ces jeunes rebelles prétendent voter ? « Cette fois ç’en est trop » doivent penser certains… de Le Pen souhaitant que les jeunes la ferment, à Bayrou qui voulait mettre en place le SMIC jeune sous Balladur, en passant par Sarkozy qui après mûre réflexion a décidé que son idée de CPE était la propriété de De Villepin… « enfin il ne manquerait plus qu’ils votent pour une gauche ayant l’audace de mettre en œuvre au pouvoir ce qu’ils réclamaient hier dans la rue » doivent penser ces tristes personnages.
Ils peuvent encore espérer que ces jeunes se rappellent du 21 avril 2002 avec l’inquiétant milliardaire Le Pen au second tour… donc ils peuvent voter pour le moindre mal en mettant de côté leur volonté de changer la marche de la société et en renonçant au progrès social. A moins que ces mêmes jeunes se souviennent de leur combat contre la précarité et contre la stigmatisation de la jeunesse par des contrats spéciaux à droits réduits.
Mais même dans cette hypothèse les tenants de l’ordre établi ou à rétablir, peuvent encore croire que tout n’est pas perdu pour leur belle société, car il est une candidature qui séduit massivement les jeunes : celle d’Olivier Besancenot et avec lui pas de risque que les choses changent au lendemain du 22 avril 2007, pas de quoi trembler… car comme en 2002, le postier de la LCR ne pèsera pas sur les choix politiques en refusant d’endosser une responsabilité gouvernementale permettant de traduire l’aspiration de la jeunesse en actes politiques courageux… de même du côté de Bové ou de Laguillier, l’espoir porté le 22 avril resterait sans suite.
Non le vrai risque pour la droite et l’extrème droite, ça serait que la jeunesse veuille porter dans les urnes la revendication d’un autre monde, en votant pour une candidate qui souhaite réellement que cette jeunesse rebelle soit entendue, de même que les générations précédentes qui se sont battus et se battent encore pour un monde de justice sociale, ouvert à tous, replaçant l’être humain au cœur du système, et soucieux de préserver l’avenir de la planète. Si la mobilisation de tous ces gens peut faire reculer le gouvernement lorsque celui-ci cumule tous les pouvoirs, imaginez un peu ce qu’elle permettrait en s’exprimant dans les urnes en 2007, histoire de rappeler au futur président de la République que les jeunes n’ont pas la mémoire courte et refuse la fatalité d’un monde monocolore.
Pour lutter contre ce vote qui serait utile pour faire bouger la société et peser en faveur de choix progressistes, la droite a trouvé une parade : rendre ringards et pas crédibles ceux qui osent penser que l’on peut bousculer l’ordre des choses plaçant le pognon et ceux qui le possède au centre de tous les choix politiques. Pour ce qui est de la soi disant absence de crédibilité des propositions de Marie-George Buffet, c’est toujours la même rengaine qui n’a pas empêchée en 1936 la mise en place des congés payés, au sortir de la guerre dans un pays dévasté la création de la sécurité social, ou encore en 1968 des augmentations de salaires de plus de 30% alors qu’il n’y avait pas d’argent paraît-il… à chacun de ces moments le Parti Communiste était fort dans les élections… ça ne peut être une coïncidence … c’est d’ailleurs avec un PCF largement plébiscité que la gauche a gagné en 1981 et a récidivé en 1988.
Alors qu’il n’y a jamais eu autant de richesse en France, ceux qui manquent de crédibilité ce sont ceux qui prétendent qu’il n’y a pas moyen de mieux les répartir…
Concernant l’aspect ringard, pas vraiment moderne du PCF et de Marie-George Buffet, il correspond à une vision qui n’a pas évoluée alors même que le PCF a beaucoup changé…. Après une bataille contre le CPE où les communistes jeunes ou moins jeunes ont activement participé, après les actes en faveur de la jeunesse par les élus communistes pour leur donner la parole et un vrai rôle dans la gestion des collectivités, les communistes ont fait la preuve que leurs propositions sont incontestablement plus modernes qui celles des actuels donneurs de leçons. Marie-George Buffet incarne cette volonté de transformation de la société et est prête à la mettre en œuvre au pouvoir dès cette année, elle ne demande qu’à traduire les aspirations révolutionnaires d’une jeunesse naturellement rebelle.
Marcel et son Orchestre, qui jouait en première partie du meeting de Marie-George Buffet devant 15 000 personnes à Bercy, le démontre par leur musique et leurs chansons : le modernisme ça ne se décrète pas ça se démontre, et ceux qui s’arrête à de vagues préjugés risquent de passer à côté de quelque chose.