Baroin et Bret : Faut-il croire leurs paroles ou regarder la réalité ?
Le maire de Troyes depuis près de 14 ans, et l’ex-leader « opposant constructif » devenu acteur à part entière de la politique de droite menée par l’UMP à Troyes et dans l’agglomération, se sont assurément bien trouvés.
Assurément il y a du Baroin en Bret, ils cultivent le même goût pour les phrases creuses et l’autosatisfaction, privilégiant l’attaque caricaturale de ceux qui contestent leur action à la défense d’un bilan loin d’être satisfaisant pour la majorité de leurs administrés.
Marc Bret, conseiller général de droite, maire-adjoint de gauche… à moins que ce ne soit l’inverse
Il faut reconnaître que défendre la hausse des tarifs sociaux à la TCAT paraitrait difficile pour quelqu’un dont le cœur serait resté à gauche… surtout si cet élu avait comme responsabilité municipale le développement durable.
Pour Marc Bret, heureusement, ce n’est pas un problème, lors de sa galette traditionnelle pour le 1er canton, il préfère évacuer le sujet n’hésitant pas à se poser en victime, comme il l’avait fait lors de la campagne cantonale, des « opposants irresponsables ».
Il faut entendre par là, ceux qui refusent de se vendre à la droite en prétextant vouloir peser sur les décisions d’une majorité pas si éloignée de leurs valeurs. Voilà l’exact discours du Modem, qu’il applique sans pourtant appartenir à ce mouvement, avec un succès électoral réel mais une application au quotidien qui n’améliore pas la vie de ceux qui lui ont fait confiance.
Que ce soit au sein de l’assemblée départementale, où après avoir voté pour Adnot lors de l’élection du président du Conseil général et l’avoir féliciter pour sa bonne gestion financière, il annonce fièrement avoir voté contre le budget 2009 au motif qu’il prévoit « une augmentation d’impôt, et un projet d’auditorium » non prioritaire à ses yeux. Mais s’est-il ému en se faisant élire avec les voix de la droite de l’injustice de la politique menée par Adnot et ses amis qui est la même à l’échelle départementale que celle de Baroin à l’échelle municipal et de l’agglomération troyenne.
Où est la cohérence entre celui, qui pousse, selon ses dires, en faveur de la prise en compte des revenus et l’instauration du coefficient familial dans les cantines de Troyes, en soutenant la majorité qui refuse de l’appliquer. Voilà pourtant une proposition réitérée il y a peu par Anna Zajac, lors du dernier Conseil municipal, et par Marie-Françoise Pautras, Conseillère générale lors de la dernière réunion du conseil général.
Les deux élues communistes, a en croire Marc Bret appartiendraient à la catégorie des « opposants irresponsables », qui réclament des mesures concrètes et immédiates en faveur du pouvoir d’achat des plus fragiles, une fiscalité et des politiques plus justes… autant de propositions qui sont systématiquement rejetées par les majorités de droite et qui nécessitent pour être appliquées de réussir à constituer une majorité progressiste.
François Baroin, président local de l’UMP, député-maire opposé à Sarkozy, …ou le contraire…
Question cohérence politique, le toujours Sarkoziste maire de Troyes, n’a pas non de leçon à recevoir. Lui qui déclare soutenir la politique du président de la République, et qui vote en son âme et conscience les projets de son gouvernement, joue le rôle d’opposant à certains projets en tant que défenseur des libertés par exemple, dans ses déclarations à la presse.
Ses dernières sorties font penser à celles de Bayrou, virulent sur la forme ou sur des points précis mais pas franchement opposé sur les questions de fonds comme, par exemple, la sauvegarde du système capitaliste avec l’argent de la majeure partie de la population non concernée par le bouclier fiscal.
En tant qu’élu local, le président de la CAT a l’habitude de s’offusquer des conséquences des politiques qu’il vote à l’assemblée nationale comme député. Combien de temps pourra t-il tenir ce double discours à Paris et à Troyes ? Aura-t-il à nouveau le culot de prétendre comprendre manifestants, comme lors du 29 janvier dernier, alors que ceux-ci viennent crier leur sentiment d’injustice face aux mesures que François Baroin décide et applique en tant que dirigeant-élu de l’UMP ? Jusqu’à quand la droite locale pourra t’elle venir pleurer aux côtés des salariés licenciés ou mis au chômage partiel et refuser nationalement d’entendre parler des propositions communistes pour empêcher les délocalisations, et des plans qui n’ont rien de sociaux ?
Cette véritable politique de classe en faveur des plus riches, pour qui les caisses ne sont jamais vides, et au détriment de tous les autres, François Baroin fait plus que la relayer et avec l’appui de son bras droit (ou gauche) Marc Bret, il entend bien continuer à la mettre en œuvre.
Ces gens qui ne veulent pas entendre la souffrance d’une partie croissante de la population, pourront continuer d’ignorer et même de mépriser la voix de tous ceux qui subissent les conséquences de leurs décisions si les rapports de force n’évoluent pas. La manifestation et les grèves du 29 janvier 2009, sont un pas important vers cette évolution nécessaire qui devra également se traduire politiquement et être à la hauteur du front social qui se constitue et de ses exigences.